NICOLLIER
Parti de gueules et de sinople, au pal d’or brochant, chargé d’un sautoir de sable
Famille de la vallée des Ormonts,
citée à Ormont-Dessus dès 1441, dont le nom s’écrivait NYCOLIER;
dès 1531 existent des familles NYCOLLIER et NICOLLIER.
Une branche NICOLLIER est bourgeoise d’Yvorne dès 1752, une autre de Vevey dès 1774.
La branche veveysanne descend probablement de Pierre Nicolier,
charpentier, reçu habitant de La Tour-de-Peilz vers 1727.
Origines historiques
Les familles suisses portant le patronyme Nicollier (il existe aussi des Nicollier en France) sont pour la plupart bourgeoises des communes d’Ormont-Dessus (Vaud), de Bagne (Valais) ou d’Oleyres (Vaud). Ces trois branches ont peut-être un tronc commun, qui n’a toutefois pas fait l’objet de recherches jusqu’à ce jour. La branche d’Ormont-Dessus, particulièrement nombreuse au XVIe et XVIIe siècle, comprend plusieurs familles désignées chacune par le nom de la terre où elles habitaient. Ainsi les Nicollier de “Vers le Bey” sont nos ancêtres. D’autres Nicollier sont ceux du Rosex, de la Cernanty, des Jehans, de la Vuargnaz, du Plan Fromentin, pour ne citer que ceux-là.
Un peu d’histoire
Nul ne sait qui furent les premiers habitants des Ormonts, d’où ils venaient et quels étaient les motifs qui les incitèrent à gagner ces montagnes inhospitalières, couvertes de forêts hantées de bêtes sauvages. Etaient-ils des rescapés de la Légion thébaine, massacrée à St-Maurice vers l’an 260 de notre ère, ou, ce qui est plus vraisemblable, des paysans fuyant devant les hordes de barbares qui infestaient la plaine du Rhône ?
La vallée des Ormonts est mentionnée dans un acte daté de 515, par lequel Sigismond, roi de Bourgogne, cédait certaines terres à l’Abbaye de St-Maurice.
Au XIIe siècle, la vallée des Ormonts était divisée en plusieurs fiefs dépendant du comte de Savoie, de l’Abbaye de St-Maurice et des seigneurs de Saillon. L’un d’eux, Jaques IV de Saillon, connu sous le nom de Jaques d’Aigle, affranchit, en 1277, les hommes de la Joria d’Hormont (Ormont-Dessus). Cet événement fut commémoré en 1977, 700ème anniversaire, par des fêtes auxquelles prirent part non seulement les habitants de la Commune, mais encore de nombreux bourgeois d’Ormont-Dessus venus de fort loin à l’étranger.
Par la suite, les Ormonans devinrent successivement vassaux des seigneurs de St-Triphon, puis des Pontveire (?), famille d’origine italienne qui, par suite d’héritage, possédait en 1331 la plus grande partie du pays. En revanche, “la partie supérieure de la vallée, qui forma plus tard la Commune d’Ormont-Dessus, appartenait, à cette époque, aux nobles de Saillon, seigneurs d’Aigle. Ceux-ci l’avaient reçue de l’abbé de St-Maurice avant 1287” (Corthésy).
Pour donner une idée de l’importance de la vallée des Ormonts, celle-ci comptait, au début du XIVe siècle, 159 feux payants” (Corthésy).
C’est en 1332 que l’on trouve dans une liste des redevances dues aux comtes de Savoie par les hommes de la vallée d’Ormont la première mention d’un “Nicollier”: “Perretus Albi de Ultra aqua, Nycholerius de Ultra aqua et Perretus ejus filius pirati sunt homines dni (domini) liberi de acquisito Armonis de Sallione et tenens a dno (domino) duas domos con duabus grangiis cum curtilero et II fal. prati et II pos. terre”.
En 1475, les Bernois envahissent le Pays de Vaud et enlèvent à la Savoie les 4 mandements d’Aigle, d’Ollon, de Bex et d’Ormont Cet événement marque la chute de la féodalité.
(texte encore inachevé)
Après 1648
Louÿs est né en 1648 à vers le Bey Jony, dans la demeure où avaient vécu son arrière-grand-père Jehan, né vers 1550, son grand-père Louÿs, banneret, puis son père Jehan, né vers 1610.
Le lieu-dit Vers le Bey Jony – ou vers le Bey tout court – se trouve au nord de La Corbaz. Il devait s’agir d’un domaine formé de parcelles disséminées s’étendant jusqu’à la Wargnaz, en Parchet et au Pillon.
Bien qu’il ne soit pas fait mention de sa profession, Louÿs était probablement paysan. Il possédait du bétail. Preuve en est la condamnation dont il fut l’objet, en 1701, à 6 bats d’amende pour avoir laissé paître ses vaches sur la montagne “dessus le Pillon”. Le 8 janvier 1675, Louÿs épouse Anne Gerudan (= Jordan), sa contemporaine de 1648. Janette, femme d’Anthoine Rubin, fut leur marraine à tous deux, comme à beaucoup d’autres enfants de la vallée.
De 1725 à la fin du XIXe siècle
Descendant des hauteurs des Ormonts aux environs de 1725, Pierre Nicollier, fils de Louis, s’arrête à la Tour. Il a 37 ans et est charpentier. Le 29 janvier 1727, il épouse Marie-Madeleine Michaud, fille d’Abraham, bourgeois de la Tour. Elle n’a que 25 ans. Désireux de s’établir dans la Commune, Pierre présente au Conseil une attestation de sa commune d’origine, “laquelle a été trouvée bonne”. Il est “pourvu d’armes” et “d’autant que personne ne trouve à redire sur sa conduite et qu’il observe les ordres de la police, il a été reçu pour habitant de cette ville pour un an seulement, sous la caution de Gamaliel Courlet, son parent (c’est-à-dire le cousin de sa femme, née Michaud)”. Sur quoi, “il a presté le serment accoutumé et requis”.
Le premier de leurs 7 enfants, Jean-François, vient au monde en 1728; le dernier, Jeanne-Salomé, naît en 1742. Il faut croire que Pierre a quelques difficultés d’éducation avec ses enfants, car le 8 octobre 1731, “… il est exhorté par le Conseil sur la conduite de ses enfants et la langue de sa femme”. Entre-temps, son beau-père Abraham Michaud, qui habite la maison dont il est propriétaire, rue de la Cure (actuellement rue du château), décède en 1737 (?) et lègue sa maison à sa fille, Marie-Madeleine, qui l’occupe avec sa famille.
Pierre meurt le 31 juillet 1746. Sa femme continue à habiter dans la maison qu’elle a héritée de son père Abraham Michaud. Elle meurt le 3 janvier 1770 à l’âge de 70 ans.
C’est vraisemblablement son fils Charles, lui aussi charpentier, né le 14 octobre 1736 – il a 34 ans -, qui reprend la maison. Il a épousé, le 7 octobre 1767, Marguerite, fille de feu Daniel Michaud, sa cousine germaine, qui lui a donné 6 enfants. Lors de son décès, le 19 septembre 1785, son fils cadet Jean-Daniel n’a que 4 ans, aussi Charles se remarie-t-il avec Catherine Testuz en 1785. Le mariage a lieu en l’église de Vevey. Comme son père, Jean-Daniel est charpentier. Il meurt le 11 mars 1798.
La maison de la rue de la Cure passe alors aux mains de Jean-Daniel, cadet des enfants de Charles, né le 31 janvier 1781.
Charpentier à l’instar de son père et de son grand-père, il épouse, le 20 février 1805, Louise-Henriette Blanc, du Châtelard; ils ont 6 enfants, dont l’aînée, Jeanne-Françoise-Marie, meurt à 6 ans. Plus tard, Jean-Daniel prend soin de sa soeur Elisabeth-Judith, née en 1769, dont la santé et la situation lui causent de nombreux soucis, à telle enseigne qu’il doit demander à sa commune d’origine, Ormont-Dessus, une attestation de bourgeoisie qui lui permettra de la placer à l’hôpital. La lettre est écrite par le pasteur Pougieux (?), mais signée par Jean-Daniel Nicollier.
C’est donc dans cette maison de la rue de la Cure, occupée successivement par trois générations, que sont venus au monde les 6 enfants de Jean-Daniel, dont Jean-Pierre-Vincent, mon arrière-grand-père.
Né en 1811, Vincent entre en 1825, à l’âge de 14 ans, comme apprenti chez M. Adrien Collomb, commerce de fers et quincaillerie à Vevey, maison dans laquelle il travaille durant 24 ans. Entre-temps, il élit domicile à Vevey et épouse Jeanne-Marie-Louise Wagnière en 1837. Trois garçons naissent de ce mariage: Edouard, en 1838, ne survit pas; Vincent-Louis-Adrien-Edouard, en 1839, et Benjamin-Henri (mon grand-père) en 1843. Six ans plus tard, en 1849, Vincent se sépare d’Adrien Collomb et, mettant à profit l’expérience qu’il a acquise dans la branche, il ouvre un magasin de vaisselle au “Boitel” (?), dans l’immeuble qui forme l’angle de la rue du Lac et de la place de l’Ancien-Port.
Construit sur l’emplacement de ce qui fut, vers 1740, l’Hôtel des Trois Rois, ce bâtiment appartenait au pasteur Jules-Emile Chavannes qui le vendit en 1851 à Jean-Louis Menu et pour 39.150 francs. En 1860, il passa, par suite de partage, en mains de Jules-François Monnerat, qui à son tour le vendit, le 15 avril 1863, à Vincent Nicollier pour le prix de 70.000 francs, payables 15.000 francs comptant et 50.000 francs par acte de revers échéant le 9 novembre 1867. En outre, Vincent grève ses biens, ainsi que l’immeuble acquis, d’une hypothèque en 1er rang.
Ce bâtiment comportait une maison d’habitation avec pressoir et bûcher, une cour et une terrasse qui s’avançait jusqu’au bord du lac (le quai n’existait pas encore). En outre, désireuse d’améliorer la disposition de la place de l’Ancien-Port, la commune de Vevey demande à Vincent de lui céder l’annexe sise à l’est de sa maison et occupée par un armurier en vue de la détruire. Après de longues négociations, le prix de vente est de 5000 francs, dont 2250 fracs pour prix de son agrégation à la bourgeoisie de Vevey. Le solde étant versé par dei contributions volontaires de quelques habitants et par un vertement de la Commune. Les deux fils de Vincent, Edouard, âgé de 26 ans, et Henri, 19 ans, deviennent en même temps bourgeois de Vevey.
Entre-temps, l’affaire s’est développée: à la faïencerie, on a ajouté la quincaillerie, puis les fers et métaux. Le nombre des clients augmente et s étend géographiquement. Après des années de labeur, Vincent peut remettre son commerce à ses deux fils.
(texte inachevé)
Pierre H. Nicollier
Janvier 1989